Je me suis intéressé à la ville frontière de Myawadi, cette partie de la frontière mise en lumière par l’actualité en automne 2007. Cette ville à été le principal point de passage pour les populations fuyant la dure répression de la révolution safran par le gouvernement de l’union du Myanmar (Birmanie). Ce lieu particulier n’est séparée de la Thaïlande que par cette rivière, qui n’a pas plus de large 40 mètres de large par endroits. C’est donc une grande tentation pour ces gens de la traverser et mieux gagner leur vie dans cet Eldorado voisin. Il n’est pas rare de voir la rivière traversée dans les deux sens, par trois à six personnes, accrochées sur une chambre à air de camion ou à bord de bateaux. Tout cela se fait au vu et au su des nombreux gardes-frontière, qui ne sont pas perdants dans ce business. Moins visible, un trafic énorme de marchandises transite chaque jours par la rivière. Tout le monde semble plutôt avoir intérêt à ce que cette partie de la frontière soit une véritable passoire, mais les photographes n’y sont pas toujours les bienvenus… Une partie thaïe de la rive a été annexée par les birmans, le long d’un mur passerelle qui constitue la frontière effective. Des vendeurs à la sauvette y proposent des cigarettes, du viagra et de l’ecstacy (spécialité des laboratoires birmans), sous le regard amusé d’un garde-frontière thaïe, posté juste à coté… Ce reportage fut pour moi l’occasion de découvrir (trop) rapidement une partie de ce pays pauvre où l’on porte le longyi (sorte de jupe unisexe) et du tanaka (poudre de bois jaune) sur le visage pour accessoire de beauté.
|
Voir le diaporama | Retour au sommaire reportages